Haiku

Une définition rapide

Le haïku est une forme japonaise de poésie permettant de noter les émotions, le moment qui passe et qui émerveille ou qui étonne.

C’est une forme très concise, dix-sept syllabes en trois vers (5-7-5). Dix-sept temps en japonais (une syllabe a un ou deux temps), un nombre restreint dans d’autres langues (l’anglais s’accommode de 3-5-3).

C’est une forme très active, très vivante, vraisemblablement la plus utilisée au monde. Il y a des concours de haïku (haiku taikai) portant sur un thème donné, organisés au niveau mondial par de grandes entreprises japonaises ou par des institutions. On y gagne généralement qu’à voir son haiku publié. Ce sont des fêtes éclatantes. Les haikistes attachent cependant plus d’importance aux kukai (voir plus bas)

Les groupes de haikistes sont très actifs sur internet (liste Shiki notamment)

Cette forme obéit à des règles très strictes de composition (fond et forme).

Mode d’emploi

Le haïku se publie, il n’est pas une poésie secrète. Il ne faut pas craindre la critique positive, un haiku peut toujours être reconstruit sur la même image.

A certaines occasions, les haïku se composent dans des réunions allant de 3 à 100 personnes, les kukai. Les membres se réunissent dans une pièce pour composer et soumettre leur haiku à l’évaluation du groupe. Chacun présente ses poèmes sur une feuille, pour être réécrits par une autre main. Les papiers circulent et les participants sélectionnent ce qu’ils considèrent comme le meilleurs. On rend le résultat public, on vote et on compte les points. Le haïku le plus estimé, ce n’est pas celui qui en a gagné le plus, mais celui que la maître a sélectionné.

On trouve plusieurs sortes de kukai :

a) le kukai où un (des) thème(s) est (sont) donné(s): on doit présenter des haïku qui contiennent une référence à ce thème.

b) le kukai d’improvisation : on ne prépare pas son poème à l’avance. Les membres écrivent leurs haïku en un même endroit, en tête à tête. Ordinairement, on donne le thème, mais quelques fois, on adpote la manière « shokumoku » : les membres doivent êcrire ce qu’ils voyent (mais sans thème) ou entendent.

c) le kukai sans thème où les membres préparent leurs poèmes à l’avance.

Le haïku s’élabore et se retravaille.

Il s’écrit généralement en un instant, la spontanéité est importante. Sans travail de construction conscient et laborieux pour sa première écriture.

Source

C’est toujours un moment d’étonnement, une situation que l’on note. L’inspiration et la motivation sont diverses selon les groupes et auteurs.

Pour certains, elle passe pour être l’expression d’une épiphanie (le « aha moment »). C’est l’approche « zen », fort répandue dans la communauté « haïku » internationale. Il faut remarquer que la plupart des haikistes ne savent pas ce qu’est le zen ou en connaissent très peu.

Au Japon,  le « aha moment » n’est pas du tout une idée populaire L’écriture est parfois considérée comme un exercice intellectuel..

Quoi qu’il en soit, la démarche « haiku » est surtout basée sur l’attitude du bouddhiste, observer les choses bien avant de les critiquer …

Le haïku doit etre ancré dans le « Cosmos ». C’est à dire le monde physique, les saisons, l’environnement, les traditions, notre imaginaire.

Le haïku est fort pratiqué dans le monde anglophone et slave; très peu et souvent sans règles dans le monde francophone.

Classement

Le haïku classique est classé en quatre catégories liées à la saison :

Printemps, été, automne, hiver.

Le nouvel-an était compris dans le printemps. Mais quand le Japon moderne est passé du calendrier lunaire au calendrier solaire, on n’a pu décider si le nouvel-an devait être compris dans l’hiver ou dans le printemps. C’est pourquoi il est devenu indépendant. Il y a donc des haïku du nouvel-an.

Variétés

En dehors du haïku classique, on distingue avec la même forme mais des sujets différents.

– le senryu : sentiment personnel, parfois moqueur, notant une situation de la vie courante

– le haibun : une prose où le haïku est inséré en illustration. C’est généralement une description de voyage ou un journal. Plusieurs haibuns de Bashô traitent de la vie quotidienne.Ce genre a à peu près disparu au Japon.

– le scifu : domaine de la science-fiction, genre très particulier. La plupart des haïkistes japonais ne connaissent même pas son existence.

– toute une série de sujets spécialisés ayant comme nom générique le ku.

Le haïku contemporain

Le haïku moderne respecte moins les règles (en fond et forme) que le haïku classique.

Il est souvent :

– Moins impersonnel.

– Avec un comptage plus libre des syllabes, on se contente d’une alternance court, long, court.

– Sujet plus commun.

– Absence de référence saisonnière.

Il ne faut cependant pas en faire un poème minimaliste.

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